À la suite de notre webinaire consacré aux écoles FLAM, une conviction s’est imposée avec force : les FLAM ne sont pas un simple complément éducatif ni une activité extrascolaire parmi d’autres.

Elles remplissent une véritable mission de service public et jouent un rôle essentiel pour des milliers de familles françaises et binationales à l’étranger.

Il nous faut remercier les responsables, les professeures et professeurs, les bénévoles et les parents engagés dans les FLAM pour leur courage, leur patience, leur travail et leur dévouement.

Parce qu'elles (des femmes surtout) accomplissent bénévolement — ou pour une contribution très modeste — une mission qui devrait être pleinement soutenue par l’État : transmettre le français, notre culture et maintenir le lien avec la France pour nos enfants.

Car c’est bien là le problème.

Les FLAM sont devenues indispensables. Elles maintiennent la langue française, la culture, le lien familial et parfois même l’égalité des chances pour des milliers d’enfants français à l’étranger.

Et pourtant, elles continuent trop souvent à fonctionner grâce à l’épuisement des bénévoles, avec des financements précaires et insuffisants.

Depuis le Brexit, cette mission est devenue encore plus essentielle.

Parce que beaucoup d’enfants vivent désormais dans un environnement presque entièrement anglophone, particulièrement à partir du secondary school. Le français recule dans le quotidien, dans les amitiés, dans les activités et dans les médias consommés par les adolescents.

Or perdre progressivement une langue familiale n’est jamais anodin.C’est parfois perdre une partie du lien avec les grands-parents, avec une histoire familiale et avec une culture.

Et il faut aussi dire une chose clairement : aujourd’hui, l’accès au maintien du français devient parfois une question sociale.

Quand il n’existe pas de structure FLAM à proximité, quand les associations manquent de moyens ou lorsque les coûts deviennent trop importants, ce sont toujours les mêmes familles qui renoncent.

Le français ne devrait pas être réservé aux familles qui ont le temps, les moyens ou les ressources pour recréer seules une école parallèle le week-end.

En 2026, le gouvernement a pourtant décidé des coupes drastiques dans le budget des FLAM au prétexte qu’il n’y aurait « pas assez de demande ».

C’est faux.

Les demandes déposées pour 2025–2026 représentaient près de 780 000 euros pour un budget disponible de seulement 594 000 euros.Et surtout, les demandes sont aujourd’hui artificiellement limitées par la complexité des dossiers, par les contraintes administratives, par l’obligation de labellisation et par un système de financement par projet totalement inadapté à des structures qui ont besoin de stabilité.

Le sénateur Yan Chantrel, avec son groupe, s’est battu contre ces coupes et a interpellé le gouvernement dès le mois de décembre.

Avec Yan Chantrel, nous pensons qu’il faut désormais passer des constats aux solutions concrètes.

Nos propositions sont claires :

🔹 Créer un véritable fonds FLAM pluriannuel sur trois ans afin d’assurer une stabilité financière et permettre aux structures de se développer durablement.

🔹 Demander aux consulats d'accompagner au mieux les FLAM notamment en promouvant les écoles auprès des parents et en aidant au recrutement des enseignants.

🔹 Mettre en place une plateforme de ressources, d’accompagnement et de formation afin de soutenir les bénévoles et partager les bonnes pratiques.

🔹 Développer des aides adaptées aux familles afin que le coût ne soit jamais un obstacle au maintien du français.

🔹 Reconnaître pleinement les FLAM comme partenaires du service public éducatif français, avec davantage d’accompagnement, d’information et de soutien.

🔹 Ouvrir les écoles FLAM à la francophonie, ce qui renforcerait leurs moyens, accroitrait le nombre d'élèves, enrichirait leur culture et créerait des liens.

Parce qu’au fond, soutenir les FLAM n’est pas seulement aider quelques associations de parents courageux. C’est investir dans la francophonie, dans des enfants bilingues ouverts sur le monde, et dans le rayonnement culturel, linguistique et humain de la France.

Bien entendu, les FLAM ne sont pas une solution qui peut convenir à toutes les familles et d'autres solutions doivent être recherchées:

🔹 Négocier avec le gouvernement britannique un accord bilatéral permettant de renforcer l'enseignement du français dans les écoles britanniques.

🔹Développer au Centre National d'Enseignement à Distance un cursus spécifique adapté à des enfants suivant par ailleurs une scolarité complète

Merci encore à toutes celles et ceux qui ont participé à notre webinaire, ainsi qu’à nos invitées Anne Henry-Werner, présidente de Français du Monde, et Sophie Gavrois-Karnavos, présidente du Parapluie FLAM, pour la richesse des échanges, des témoignages et des idées partagées.

La justice et la solidarité, c’est aussi aider celles et ceux qui aident nos enfants.